Il suit sa marche ? Saine appréciation de la réalité, voilà la politique ? Il aura fait ce choix. Ce qui lui réussit si bien, depuis la fin de la crise postélectorale ivoirienne de 2011.
Il fallait à Kouadio Konan Bertin trouver sa place entre les failles de l‘histoire globale de la Côte d’Ivoire et celle, singulière et individuelle propre à chaque ivoirien. C’est le deuxième nommé, de la longue brève liste d’un communiqué lu par Patrick Achi, (lui il est devenu ministre d’Etat) qui est, aujourd’hui applaudi d ans une liesse populaire à sa nomination. La réconciliation est ouverte dans un face-à-face Hamed Bakayoko- Bertin Kouadio.
Longtemps, le peuple ivoirien a retenu son souffle, en attendant l’épilogue de L’intrigante démarche politique digne d’un véritable labyrinthe emprunté par le jeune soldat dit, perdu, mais dont la trajectoire est bien suivie par les Ivoiriens. Aujourd’hui, il est l’un de ceux forgés à la mamelle politique politicienne à l’ivoirienne.
C’est donc avec un véritable soulagement et une grosse joie que les Ivoiriens ont accueilli l’immense annonce, et la vive allègrement, depuis le mardi 16 décembre 2020. Celle de la nomination d’un des fils atypiques de la Côte d’ivoire, au poste de ministre. Consacrant, le sommet de la réussite sous les tropiques. Car, lorsqu’après d’épineuses études, l’intellectuel est nommé ministre, toute sa tribu et sa région sont traversées par d’immenses spasmes, car naissance de la fin de la misère de leur fils, par ricochet de la tribu et la région. «On va devenir riche». Car les hommes d’affaires, ici sont moins riches que les ministres, de simples serviteurs de la république. Alors que serviteurs publics.
Certainement qu’à force d’écarquiller les paupières pour admirer l’immense boulevard de la richesse qui se dessine devant lui, puisque devenu ministre comme, Anne Ouloto, Kandia Camara et autres ; Kouadio Konan Bertin commence à avoir mal aux yeux. .
Mais Kouadio Konan Bertin apprécie-t-il sa mission sa nouvelle mission face à Hamed Bakayoko ?
«Le président de la république son excellence Alassane Ouattara a procédé ce mardi 15 décembre 2020 à un réaménagement du gouvernement. Ainsi sont nommés sur proposition du premier ministre, Chef du gouvernement : ministre de l’intérieur et de la sécurité, Gal. Vagondo Diomandé. Ministre de la réconciliation nationale : Bertin Kouadio Konan», fin du communiqué signé du directeur national de campagne du vainqueur de la présidentielle face à son opposant historique, devenu ministre, dans son gouvernement. Ces paroles retentissent encore dans sa tête, même s’il n’était pas surpris de les entendre, au nom de la realpolitik.
La realpolitik ou politique réaliste ou encore stratégie politique qui s’appuie sur ‘’le possible’’, négligeant les programmes abstraits et les jugements de valeur, et dont le seul objectif est ‘’l’efficacité’’, KKB l’a si bien assimilé qu’il a laissé pantois, même ses admirateurs, dans sa trajectoire. Il a fait sien, ce comportement qui fait passer au second plan, les considérations de doctrine, de principes ou de morale, pour une gestion très diplomatique de ses pas dans l’areine politique ivoirienne. Ce qui lui confère le statut du faiseur de la paix qui passera par la réconciliation qu’il devra conduire.
Il hérite du ministère de la RÉCONCILIATION, dont les actes mêmes sont piétinés par le pouvoir d’Abidjan. Si, ce lundi, 21 décembre 2020, il revient au Premier ministre Hamed Bakayoko d’engager le dialogue politique national, source de la profonde division de la société ivoirienne, à quoi sert le Ministre de la Réconciliation célébré avec éclats, lui censé ramener l’harmonie au sein de la société ivoirienne ? Qui récoltera les lauriers de la réconciliation au sein du gouvernement ? Serait-ce, le mandataire ou le mandant? En cette difficile période et rugueux espace de pâlissement des images, le chef de l’Etat et son premier ministre oseront-ils laisser la place au parricide, fils de Konan Bédié, l’opposant?
Cependant, KKB reçoit tout de même sa feuille de route en des termes balisant bien son mandat. «Les progrès réalisés en matière de réconciliation nationale sont appréciés par nos Compatriotes, notamment la Loi d’amnistie d’août 2018, qui a permis la libération de 800 prisonniers de la crise postélectorale ou encore la récente délivrance d’un passeport ordinaire et d’un passeport diplomatique à mon prédécesseur.
Afin de consolider davantage la cohésion nationale, j’envisage de créer un Ministère en charge de la Réconciliation Nationale dans les prochains jours. Ce Département ministériel aura pour mission de faire une évaluation de nos actions, avec pour objectifs le renforcement de la cohésion nationale et de la réconciliation des filles et des fils de notre chère Côte d’Ivoire…», dixit le chef de l’Etat à son investiture. Ainsi est libellé, l’ordre de mission de KKB.
Dans la nasse de la réconciliation
Kouadio Konan Bertin dit KKB avait vraiment du mal à trouver sa place au PDCI RDA de Bédié. Mais, cette fois, il l’a retrouvée largement auprès de l’homme fort de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara.
Que le parcours fut long et non périlleux pour une si belle récompense. Avec à la clef, la mission de réconcilier tous les ivoiriens qui, ont choisi la démocratie pour ne pas emprunter l’expression du nouveau président de la république, lors de sa prestation de serment.
Comment peut-on encore réconcilier, des hommes et des femmes qui ont choisi la démocratie ? Comment peut-on encore réconcilier une nation en paix et réconciliée avec elle-même ? Seul KKB pourra répondre aisément. Lourde ou rude tâche, pour celui qui, tout le monde le sait, se crache dans la bouche avec son ex-mentor, le président du PDCI dont il fut le plus jeune président de la jeunesse du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny.
Par sa realpolitik KKB vient de donner du fil à retordre à l’opposition ivoirienne en acceptant d’accompagner Alassane Ouattara à la présidentielle d’octobre 2020, comme il l’a déjà fait en 2015, pour échoir dans un fauteuil ministériel pour se réconcilier avec, ceux qui l’accusent de trahison. L’opposition ivoirienne et autres observateurs surveillent donc les pas de la récompense nationale.
A-t-il surpassé, aujourd’hui, avec sa nouvelle mission, cette posture et perception du « mal aimé » au PDCI RDA qu’il avait de lui-même? Ce qui est sûr, il n’y est plus ! Dans le partage du pouvoir entre le PDCI RDA et le RDR alors alliés, Kouadio Konan Bertin a eu l’impression d’être ignoré par son ex-formation politique. Alors que les jeunes du RDR sont promus, à l’image de Touré Mamadou, Charles Gnahoré ou encore Sidi Tiémoko. Il ne pouvait, longtemps supporter cet écrasement des ‘’doyens’’ du PDCI-RDA.
Ministre de la république en 2020, le rêve de KKB s’est réalisé. Car il aura tout fait, tout mis en œuvre pour atteindre cet étage de la vie sociopolitique en se lançant même dans une croisade de protestations contre le PDCI RDA.
Violant consignes ou pacte interne en se présentant à la présidentielle d’octobre 2015 contre le candidat du RHDP choisi et confirmé par l’appel de Daoukro de son président d’alors, Konan Bédié. Il a même pris la route de Malabo, selon des indiscrétions pour se fortifier.
Que pensent, aujourd’hui avec sa nomination au poste de ministre pour réconcilier tous les Ivoiriens, ses amis, lui demandant autrefois de se retirer de la présidentielle, afin de mettre en difficulté Alassane Ouattara ? Une belle récompense en fin des comptes. Un défi à relever pour l’ex-fils de Konan Bédié : réussir à mettre sur une même table son employeur, Alassane Ouattara et son pire adversaire, Laurent Gbagbo, à qui s’ajoute son ancien conseiller, Henri Konan Bédié.
Tous les trois buvant dans la même tasse face à KKB. La tasse de la réconciliation. Quel gageure pour le natif de Lakota. Boga Doudou sourit.
Le lundi 21 décembre 2020, grosse date du démarrage du dialogue politique en Côte d’Ivoire, il était assis, quasiment invisible face à l’immense premier ministre, lui le ministre commis pour la réconciliation de la classe politique divisées. Les Ivoiriens ne sont-ils pas réconciliés? Ils l’attendent embarquant dans un jet privé ou présidentiel vers Laurent Gbagbo et tous les exilés. Voilà qui est fait! Sous haute surveillance nationale.
HERVE. MAKRE
Ledebativoirien.net
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