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Harcèlement sexuel au travail: l’impressionnant témoignage de Fatim Sylla pour dire «NON» au calvaire des femmes sous pression des patrons-(urgent)

Comment construire une carrière professionnelle exemplaire si les femmes vivent constamment dans une insécurité psychosociale au travail? Si, elles sont les proies faciles du fantasme libidinal de certains collaborateurs, pis, si ce dernier est un supérieur hiérarchique. Pour affronter avec courage ce calvaire de l’harcèlement sexuel au boulot (sur le lieu de travail), suivez l’histoire de Fatim Sylla, blogueuse à l’occasion de la Fête du Travail du 1er  mai 2021.

«Mon histoire, telle est un témoignage, a commencé quand j’étais à un stage dans une entreprise pour valider mon diplôme. Durant tout ce stage, j’ai été persécuté par mon maître de stage en plus de 3 autres supérieurs qui me courtisaient. Pour les pointeurs, je pouvais toujours les repousser et les faire balader mais pour ce qui est de mon maître de stage, cela s’est transformé en injures et ragots sur moi dans la boîte du genre comme quoi, je suis nulle, je ne sais rien faire. Toutes les occasions étaient bonnes pour me rabaisser et me faire passer pour une impolie, une personne mal éduquée qui ne respectait pas le supérieur qu’il était.

Je ne me laissais pas faire c’est vrai, mais j’avoue que tout cela arrivait à m’atteindre d’une manière ou d’une autre. Ma confiance en moi avait pris un coup et je me disais que cela devait provenir de moi, de mon habillement peut-être. Ensuite, j’ai été recrutée dans une entreprise immobilière où j’occupais le rôle de responsable commerciale et responsable communication par intérim. Le patron, je ne sais ce qu’il a vu mais ne cessait de m’harceler. J’avais là l’occasion de me faire de belles expériences dans ce secteur mais hélas. Il ne faisait que m’appeler pour exécuter des tâches qui n’étaient pas miennes. Son neveu à l’époque qui bossait dans la boîte est allé dire à son épouse que j’étais l’amante. Wohhh!

La dame, un jour, est venue au bureau pour me connaître et me menacer. C’est alors que j’ai pris mes jambes à mon cou et je suis partie. Il n’a cessé de m’appeler, de me faire venir au bureau les samedis. C’est alors que j’ai eu une opportunité dans la vente des œufs, j’ai tourné le dos sans regret. Enfin, après avoir entrepris toute ma vie, j’ai décidé d’aller en entreprise mais j’étais loin de m’attendre à ce qui allait suivre. Le responsable médias et audiovisuel était obsédé par moi. Il profitait du fait qu’on soit seuls pour me voler un bisou sur les lèvres. J’étais tétanisée, en colère et j’avais aussi peur. Oui peur des choses que je ne pensais plus pouvoir m’arriver. Je m’arrangeais à ne plus me retrouver seule avec lui. J’étais devenue paranoïaque.

À chaque pensée de devoir reprendre la route du bureau, j’en étais triste. J’ai fini par m’en vouloir et me sentir coupable. Je me disais que c’est peut-être mon habillement qui favorisait cela ou même mon rouge à lèvres. Du coup je m’habillais amplement avec des écharpes et je ne me maquillais plus. Là où je pensais que mon calvaire allait prendre fin, lui était encore plus fou de mon style naturel. J’étais désespérée. Je ne savais pas à qui en parler. Il m’est arrivé de penser à démissionner mais je me suis promis de ne laisser personne me guider négativement dans les choix qui concernent ma vie et ma carrière. Un jour, j’ai pu le regarder en face, lui dire clairement d’arrêter avec un courage qui m’a moi-même surprise. Ce courage été le fruit d’un ras-le-bol…».

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Ceci n’est qu’une petite expérience à côté de ce que vivent de nombreuses femmes au travail. A l’observation,, les violences faites aux femmes ont quitté les champs conjugaux pour atterrir dans le milieu socioprofessionnel. Les femmes ne sont plus à l’abri dans leur foyer et maintenant sur leurs lieux de travail. Objet de désir sexuel de la part des collègues de service, les femmes se battent chaque jour contre le démon de l’obsession sexuelle de leurs patrons, leurs chefs, leurs collègues.

H.KARA

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