Adjamé-Bingerville ou encore Akwè-Djèmin, village Ebrié, situé dans la commune de Bingerville a connu une ambiance festive ; le samedi 10 décembre 2022. A l’origine, la parade de la Catégorie Blessoué Assoukrou qui a choisi ce jour pour procéder à la sortie de ses Tambours et à la présentation de son guide, AKO ou Parrain en pays Atchan.
C’est une cérémonie riche en couleurs et en sons qui a débuté dès 7 heures d’horloge par une prestation de danse guerrière réalisée par les membres de la Catégorie Blessoué Dongba, leurs aînés.
Après la cérémonie d’ouverture marquée par la prière, l’évènement d’une haute portée culturelle, a commencé au domicile de Juste Beugré, chef de la catégorie en fête, par la présentation solennelle des Tambours au nombre quatre. Ces tambours, probablement déjà soumis à la validation des aînés et des anciens, ont été conçus par les jeunes initiés qui apprennent par la même occasion aux rouages de la gestion de la chefferie.
L’étape suivante a été celle de la présentation du guide (AKO) Adjé Sauveur, Lieutenant des Eaux et Forêts à la communauté villageoise. Assisté par les autres guides (AKO) issus des générations Dougbô et Tchagba, Adjé Sauveur a reçu les bénédictions et l’onction des anciens à son domicile où la cérémonie s’est déportée pour la circonstance.
Les Tchagba, au pouvoir, parrains et guides des Blessoué Assoukrou ont, par la suite, procédé au choix de la responsable des femmes de cette catégorie. Il s’agit de Mobio Flore, désormais chargée de veiller à l’harmonie et la cohésion entre les femmes ; de mettre en place un cadre d’échanges et de solidarité.
Cette cérémonie chargée de symboles, a lieu au moment où le chef de ce village est en prison. Pour marquer leur solidarité à celui-ci, les membres de la Catégorie Blessoué Assoukrou se sont rendus à son domicile familial pour exécuter des danses guerrières, dans une ambiance de joie et de liesse populaire.
Selon le chef de la catégorie, Juste Beugré, interrogé, « il s’agit ainsi de rendre hommage au chef Mobio Aboussou Guy Georges et à lui témoigner leur soutien dans l’épreuve difficile qu’il traverse en ce moment ».
L’histoire de l’interdiction levée
L’organisation de cette importante cérémonie des Blessoué Assoukrou est une aubaine parce que les activités traditionnelles de ce village, en proie à une crise de chefferie, ont, ces derniers temps, fait l’objet d’interdiction de la part du Préfet d’Abidjan, à travers des arrêtés. Et la gendarmerie a toujours été sur les lieux pour les faire appliquer, occasionnant ainsi des affrontements et des violences.
Pour donner les raisons de la tenue effective de cette activité, Ayaké Germain, un proche de l’honorable AWAKA est monté au créneau, tard dans la nuit du vendredi 9 décembre 2022. Face aux médias, l’homme a indiqué que le Préfet, à qui les organisateurs avaient déjà adressé un courrier pour la sécurité de leur manifestation, avait déjà pris un arrêté d’interdiction. Selon lui, il a fallu, âprement implorer sa clémence pour qu’il accepte enfin que la manifestation se tienne.
«Awaka Agbo Ghislain a négocié avec le préfet et a obtenu la levée de l’interdiction, parce que pour la petite histoire, le Préfet avait déjà pris un arrêté pour interdire la manifestation. Des dispositions avaient été prises par le préfet avec les forces de l’ordre pour empêcher toute manifestation. Et c’est à la suite de plusieurs discussions, plusieurs négociations. (…). Nous sortons fraichement d’une négociation avec le Préfet, les forces de l’ordre et la sagesse a triomphé. La cérémonie accordée…», a indiqué Ayaké Germain.
Ce qui laisse circuler dans le village, la rumeur selon laquelle, un arrêté pris peut-il donc faire l’objet d’annulation, si tel est que le préfet a fini par abandonner celui de l’interdiction de la manifestation, à la demande d’AWAKA ?
Le conférencier a, par ailleurs, signalé que la démarche d’Awaka auprès du préfet s’explique par son attachement aux idéaux de paix et de non-violence. «Awaka est un homme de paix», a-t-il dit. La cérémonie s’est achevée par une parade du Guide et de celle des femmes magnifiquement vêtues, il était 17 heures.
Ledebativoirien.net
avec Léon SAKI
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