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Imbroglio-Forum des marchés d’Adjamé (2ème partie): l’attaque du maire Farikou Soumahoro : «Depuis 2003 combien la SICG a-t-elle empoché ?.. »

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Imbroglio-Forum des marchés d’Adjamé (2ème partie): l’attaque du maire Farikou Soumahoro : «Depuis 2003 combien la SICG a-t-elle empoché ?.. »
Une histoire complexe qui fait couler beaucoup d’espèces sonnantes et trébuchantes que cet imbroglio au Forum des marchés d’Adjamé avec un petit gâteau de 11 milliards FCFA divisant le maire FARIKOU et partenaires...Nous retournons dans les immondices du forum des marchés d’Adjamé. Une affaire de milliards de FCFA dans cette grisaille… Pour en savoir davantage sur les accusations à son endroit, la rédaction de Ledebativoirien.net a approché la mairie d’Adjamé. Voici sa posture de défense.

La mairie nous fait le rappel chronologique du dossier du forum des marchés d’Adjamé

 

« L’historique des marchés réalisés par la SICG (Société Ivoirienne de Concept et de Gestion) en Côte d’Ivoire, et en particulier celui du Forum des marchés d’Adjamé, met en évidence une succession de décisions, d’actions et de tensions qui s’étendent sur plus de deux décennies. Voici la chronologie du forum des marches d’Adjamé que nous fait la maire pour la compréhension de la situation.

1997 : Signature de la convention de concession de type BOT (Build Operate-Transfer) entre la mairie d’Adjamé et la SICG.  Mars 2001 : achèvement des travaux et mise en service officielle du Forum des marche s d’Adjamé. 2003- 2004: Phase d’exploitation directe par la SICG, incluant la gestion du site et la collecte des taxes auprès des commerçants.

Juillet 2010 : Décision du Gouvernement ivoirien de procéder au rachat des droits de concession de la SICG, dans le but de mettre fin à la crise persistante entre le promoteur et les commerçants. Mars 2016 : intervention des forces de l’ordre au Forum, marquant un pic de tension liée à des tentatives d’expulsion de commerçants.  Février 2018 : implication de la FENACCI, consécutivement à une saisine formelle des commerçants du Forum.

Mai 2018 : mobilisation des commerçants en faveur d’un audit de la gestion du marché. Mise en place d’un comité interministériel chargé d’examiner le dossier et de proposer des solutions. Février 2019 : sur instruction de la Primature, relance du processus de réhabilitation et de sécurisation du site. Cette étape intervient alors même que le principe du rachat du passif financier avait été évoqué.

2019–2026 : absence de communication officielle sur les conclusions des travaux du comité interministériel, malgré les attentes des parties prenantes.  Février 2026 : réouverture du dossier, avec l’évocation d’un rachat du passif financier de la SICG, estime à onze milliards (11 000 000 000) de francs CFA. Voici le décor planté par la Mairie dans l’appréhension du dossier et face aux accusations en son encontre.

 

La mairie s’est livrée à une analyse et soulevée ses préoccupations majeures

 

« Le rachat envisagé ne se limite pas à une simple dette financière. Il implique également, de facto, la reprise d’une concession d’une durée de 35 ans initialement accordée à la SICG. Cette situation soulève une interrogation fondamentale : Qu’en est-il de l’ensemble des ressources financières collectées par la SICG auprès des commerçants depuis 1998 jusqu’à ce jour ? Cette question est d’autant plus légitime que : la période d’exploitation directe par le concessionnaire a généré des flux financiers importants. Aucun état contradictoire consolidé des paiements effectués par les commerçants n’a été officiellement présenté. Les conclusions du Comité Interministériel, pourtant chargé d’éclairer ce dossier, ne sont pas connues des parties prenantes », déclare la mairie d’Adjamé.

 

Le Maire Farikou Soumahoro souligne l’enjeu de transparence et de gouvernance

« Au regard de ces éléments, il apparaît indispensable que toute décision relative à ce dossier soit précédée :  d’un audit complet, indépendant et contradictoire ; d’un arrêt des écritures permettant d’établir une situation financière définitive ; d’une restitution transparente des conclusions aux commerçants et à l’opinion publique ». Farikou Soumahoro explique sa posture dans le dossier en sa qualité de Président du Conseil d’Administration de la FENACCI, et non en tant que Député-Maire de la commune d’Adjamé.

« Dans une correspondance référencée N°013/26/Forum SAFA/DE/SS du 03 avril 2026, adressée à la FENACCI par l’association FORUM SAFA, il est demandé à cette organisation de se mobiliser pour faire barrage à une décision administrative en préparation, dont les conséquences s’annoncent particulièrement graves, injustes et inéquitables, non seulement pour les commerçants du marché Forum d’Adjamé, mais également pour l’ensemble des acteurs des marchés de proximité sur le territoire national.

Une telle décision, si elle venait à être entérinée, créerait un précédent dangereux, consacrant la primauté des intérêts particuliers d’un prestataire sur ceux d’une corporation entière, pourtant essentielle à la vitalité économique nationale et à la mobilisation des ressources de l’État.

 

De la contestation concrètement

Le jeudi 02 avril 2026, l’Agent Judiciaire de l’État de Côte d’Ivoire a convié, à ses locaux situés à la Riviera, la Mairie d’Adjamé, les représentants des commerçants du Forum des marchés d’Adjamé ainsi que le prestataire de service SICG. « Au cours de cette rencontre, il a été annoncé l’imminence d’une décision administrative visant à acter le paiement d’un montant de onze milliards (11 000 000 000) de francs CFA au profit dudit prestataire, à titre de règlement définitif d’un litige opposant celui-ci aux commerçants depuis plusieurs années. La représentante des commerçants, au nom de ses mandants, a exprimé une opposition ferme à cette orientation, estimant qu’elle ne saurait être acceptée en l’état.

Cette initiative gouvernementale, dont les prémices remontent à plusieurs années, avait déjà suscité des réserves au plus haut niveau de l’État. À cet égard, il convient de rappeler que M. Cissé Abdourahmane, alors Ministre du Budget et du Portefeuille de l’État, avait, en son temps, fait retirer cette démarche, jugée contraire aux principes de Bonne Gouvernance. Aujourd’hui, il est demandé aux commerçants d’admettre une continuité administrative, sans que ne soient tirées les leçons des insuffisances constatées dans le traitement de ce dossier.

Dès lors, plusieurs interrogations majeures demeurent sans réponses : quelles suites ont été réservées aux conclusions du comité de crise mis en place à la suite de la suspension du mot d’ordre de grève lancé en février 2018 par la FENACCI dans les marchés d’Adjamé ? À quel niveau se situe, à ce jour, le traitement du dossier transmis à l’Inspection Générale d’État (IGE) ? Qu’en est-il de la nécessité d’un arrêt des écritures afin d’établir un état définitif et contradictoire des paiements effectués par les commerçants ? Autant de préoccupations légitimes qui appellent des réponses claires, dans un souci de transparence et d’information de l’opinion nationale et internationale », indique le président des commerçants de Côte d’Ivoire et maire de la commune d’Adjamé. Il poursuit son explication.

 

« Un état des lieux des marchés réalisés par ce même prestataire, dont plusieurs ont été marqués par des contentieux récurrents »

Plusieurs infrastructures dysfonctionnements majeurs : ont été réalisées, mais présentent des dysfonctionnements majeurs :  Le Forum des marchés d’Adjamé. Le marché Djêkonan de Koumassi : Bien que livré, ce marché a nécessité une réhabilitation par la Mairie de Koumassi afin d’être rendu fonctionnel et permettre l’installation effective des commerçants.

Le Grand Marché de Marcory : cet ouvrage fait aujourd’hui l’objet d’une menace de démolition et de reconstruction en raison de défaillances architecturales. Le Grand Marché d’Attécoubé : Livré inachevé aux commerçants, ce marché continue de poser de sérieux problèmes de fonctionnement à ce jour.  Les Halles de Bamako : Les pratiques du prestataire ont également suscité des différends avec ses partenaires maliens.

 

Les marchés non construits avec litiges

D’autres projets présentent une situation encore plus préoccupante : Le marché central de Bingerville : En 2021, la destruction du marché a été encouragée par la SICG, entraînant la mise en difficulté de près de 3 000 commerçants. À ce jour, le site n’a toujours pas été reconstruit. Le Grand Marché de Man : Ce marché a connu une situation similaire à celle de Bingerville, caractérisée par une destruction suivie d’une absence de reconstruction. Cette liste, bien que non exhaustive, met en évidence une récurrence préoccupante des litiges liés aux interventions de ce prestataire.

Elle soulève des interrogations légitimes quant aux mécanismes de gouvernance, de suivi et de gestion contractuelle en vigueur. Ainsi, le cas du Forum des marchés d’Adjamé apparaît comme l’arbre qui cache la forêt d’un phénomène plus large, marqué par une forme de monopole préoccupant sur les marchés de proximité en Côte d’Ivoire.  La FENACCI, fidèle à sa mission de défense des intérêts des commerçants, tient à rappeler que pour les ivoiriens, des préoccupations prioritaires demeurent, malgré les propositions formulées dans le Livre blanc de la FENACCI ».

 

Farikou fait alors un appel à l’État de Côte d’Ivoire

« Il faut rendre justice aux commerçants du Forum des marchés d’Adjamé, à travers l’annulation définitive des prétentions de la SICG. Mettre en œuvre une opération de régularisation et de valorisation des espaces marchands Renforcer la protection sociale des commerçants, notamment par un appui structuré à la Mutuelle des Commerçants de Côte d’Ivoire ». 

C’est sur cette note d’interpellation que le maire Farikou président de la fédération nationale des commerçants de Côte d’Ivoire sous les feux de la rampe, clos ses explications dans la crise au forum des marchés. Adjamé continue de grouiller de son monde entre achats de toutes sortes et la poursuite du bras de fer engagé par son premier magistrat dans le rachat de son Forum des marchés par l’Etat. 

Il y a des choses à savoir encore. C’est dire que ce dossier n’a pas fini délivrer toutes les implications non encore dévoiler. Une affaire de 11 milliards FCFA. Un gâteau à partager ! La position claire du gouvernent ivoirien sur ce dossier est attendue. A SUIVRE..

Ledebativoirien.net

 HERVE MAKRE

👤
Article rédigé par
La Rédaction

Journaliste / Le Débat Ivoirien

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Réactions (12)

Kouassi M. Il y a 2 heures

Excellente analyse de la situation actuelle. Il est temps que des mesures concrètes soient prises.